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Nous avons quelque chose à vous montrer

06/14/2021

Médaillé olympique et double champion du monde, Mark de Jonge entretient une relation importante avec le temps. Aux Jeux olympiques 2012 de Londres, il a remporté sa médaille de bronze par 0,031 seconde. Pour les athlètes olympiques, chaque milliseconde compte. Ils s’entraînent sans relâche pour rogner leur chrono de même quelques fractions de seconde. Mais en plus d’être l’un des meilleurs avironneurs au monde, Mark de Jonge conçoit des montres de luxe.

À titre d’athlète professionnel, de Jonge voyageait beaucoup, et avironnait beaucoup. Par contre, les avironneurs ne rament pas toute la journée! Beaucoup d’entre eux choisissent d’utiliser leur temps libre pour se détendre et regarder Netflix. Mais de Jonge voulait acquérir une nouvelle compétence : la conception assistée par ordinateur, une technique utilisée pour créer des prototypes d’objets. « Quand j’étais à l’extérieur pour m’entraîner ou compétitionner, j’améliorais mon aptitude à dessiner des montres sur mon ordinateur durant mes moments libres. »

Puisqu’il est formé comme ingénieur civil, le pas à franchir pour commencer à fabriquer ses propres montres n’était pas grand pour de Jonge. Mais de son propre aveu, « c’est une chose de concevoir la montre : ça se fait entre les séances d’entraînement, étendu sur un divan. Mais lorsqu’il s’agit de la fabriquer, il faut s’investir un peu plus ».

Il crée le prototype des montres, conçoit chaque composante et commande les pièces auprès d’ateliers d’usinage professionnels. Dans son propre atelier aménagé au sous-sol, il assemble les pièces conçues sur mesure, teste la montre pour en assurer l’étanchéité et effectue un contrôle de qualité du produit final.

Pour de Jonge, l’intemporalité de l’horlogerie était séduisante. Les montres et les horloges sont classiques et sont souvent transmises de génération en génération. Mark fabrique des montres mécaniques, sans pile; elles fonctionnent à l’aide d’un paquet de ressorts qui font tourner les engrenages et tictaquer les aiguilles. C’est une approche vieille école à l’époque de la montre intelligente.

« Ça va un peu à contre-courant de ce qu’on voit dans le monde aujourd’hui, où beaucoup des appareils technologiques ne durent souvent que quelques années avant de devenir désuets ou, dans bien des cas, de ne plus même fonctionner. »

Bien qu’il soit obligé d’adopter la haute technologie pour son entraînement, où il utilise une montre Garmin avec GPS et moniteur cardiaque, de Jonge aime fabriquer des montres analogues. « C’est la manifestation d’un effort déployé de façon intentionnelle pour ralentir un peu le rythme de vie à une époque où les gens sont complètement inondés d’information », dit de Jonge.

Il met sa fierté à concevoir des montres de qualité supérieure, un processus qui exige précision, temps et maîtrise. « C’est semblable à ce que je fais avec le sport, où j’essaie de rogner de toutes petites fractions de seconde chaque jour », explique-t-il. La fabrication de montres est un clin d’œil à sa façon d’envisager le sport : on obtient ce que l’on donne. « Quand on a cette norme de qualité supérieure dans sa vie, eh bien, on a aussi tendance à produire un travail de qualité supérieure. »

Cette approche lui a certainement bien servi durant sa carrière d’avironneur. Il fend le vent pendant les courses, qui représentent l’aboutissement d’innombrables heures de préparation et de travail acharné, et qui durent habituellement moins d’une minute. En prévision de Tokyo, il continue de s’entraîner pour parfaire sa maîtrise du sport. Son projet de montres est en veilleuse pour le moment, mais il continue d’accepter les commandes par-ci par-là et espère pouvoir consacrer plus de temps à son passe-temps lorsqu’il aura fini de faire du kayak à la fin d’août.