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Vivement la chaleur!

06/14/2021

Lorsque l’équipe canadienne de paratriathlon a approché Kamylle Frenette en 2016, celle-ci n’avait jamais imaginé être admissible à la compétition. Pourtant, cette espoir de Tokyo occupe aujourd’hui la quatrième place du classement mondial de paratriathlon dans la catégorie PTS5. Et Frenette est prête pour le tournoi de qualification paralympique qui se déroulera en Europe au mois de juin.

Durant sa saison de recrue, en 2018, Frenette a gagné une Coupe du monde de paratriathlon et a terminé en deuxième place à la Série mondiale de paratriathlon à Edmonton. Elle a remporté une autre course de la Coupe du monde en 2019, à Magog, au Québec. En fait, elle s’est classée au quatrième rang ou plus dans les 13 compétitions nationales et internationales auxquelles elle a participé. Malgré ce succès, le doute continuait de la ronger : elle n’était pas certaine d’appartenir au monde du parasport.

Après sa première course, elle a pris un an de congé parce qu’elle se sentait très mal à l’aise. « Il m’a fallu du temps pour accepter, publiquement, que j’ai un handicap », a-t-elle écrit dans un article destiné à CBC Sports.

Comme pour bien des gens, l’année pandémique lui a donné amplement de temps pour décortiquer sa vie. « La COVID nous pousse à suranalyser les petites choses qui nous dérangent, dit-elle. Évidemment, j’ai toujours cru que mon handicap est très subtil; il ne paraît pas toujours. »

L’article de Frenette – Para sport welcomes me - but do I belong? (Le parasport m’accueille, mais y aie-je ma place?) – découle de conversations tenues avec son psychologue du sport, qui lui a suggéré de coucher sur papier ses réflexions sur sa jeunesse vécue avec le pied droit légèrement plus petit que le pied gauche – une condition qu’elle n’a jamais considérée comme un handicap – et plus tard sa participation à des compétitions mondiales.

Maintenant qu’elle fonce à plein régime, elle suit un programme d’entraînement intense qu’elle concilie avec ses études. Pour Frenette, étudiante de troisième année en pharmacie à l’Université Dalhousie, la journée type commence sur le coup de 5 h. C’est un tourbillon de séances d’entraînement (parfois trois fois par jour), d’études et de cours en ligne.

« J’ai toujours tenu à ne pas mettre tous mes œufs dans le même panier, dit-elle. Je trouve que je performe mieux quand j’ai plusieurs projets en marche, et la pression est moins grande quand je sais que je n’ai pas qu’une seule possibilité. »

Son entraînement pour les Olympiques comprend l’entraînement à la chaleur, qui vise à simuler les conditions à Tokyo, où le climat est subtropical humide. « Nous sommes allés à Tokyo il y a près de deux ans pour l’épreuve préparatoire et il faisait incroyablement chaud… pas mal plus que j’avais prévu », dit-elle. Frenette se rendait habituellement à des destinations chaudes, comme Hawaii, pour s’entraîner sous la chaleur. « Mais avec la COVID, il a fallu faire preuve de créativité, alors on s’entraîne maintenant dans une tente avec une chaufferette », dit-elle.

Avec l’aide du Centre canadien du sport Atlantique, Triathlon Canada a aménagé une tente à Halifax. Bien que l’entraînement à la chaleur soit assez commun dans le monde du sport, il n’y avait aucune installation à Halifax. Tous les deux ou trois mois, Kamylle fait un entraînement intensif de cinq jours où toutes ses séances se déroulent sous la tente. « Mon entraîneur, Craig, a un petit vaporisateur d’eau qu’il utilise constamment pour faire grimper le taux d’humidité, explique-t-elle. C’est un aspect très important aussi, parce qu’il est tellement plus difficile de respirer quand l’air est humide. »

À l’aube des Jeux paralympiques, Frenette assume avec enthousiasme sa place dans le monde du parasport. Elle est une source d’inspiration pour beaucoup de gens qui ont été émus par son article. « J’ai reçu des commentaires de mères et de parents de bébés qui ont le même handicap que moi – le pied bot – me disant : “Oh mon dieu, je m’inquiète beaucoup pour mon enfant, mais je suis tellement heureuse d’avoir lu cet article”. Ces messages m’ont beaucoup aidée. »