Etre entraineur durant la COVID: comment faire?

06/14/2021

Qu’est-ce que ça prend pour se rendre aux Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo cet été? L’entraîneur dévoué fait certainement partie de l’équation et la tâche qu’il doit accomplir n’est pas mince! Cette année s’accompagne de nouveaux défis, comme trouver des installations d’entraînement, coordonner les périodes de quarantaine, recruter des entraîneurs locaux et planifier des trajets de vol stratégiques.

 

Depuis l’avènement des Olympiques modernes en 1896, les Jeux n’ont été annulés qu’à quelques reprises, et ce en raison de la guerre. La pandémie du coronavirus marque la première fois où ils ont été temporairement reportés en temps de paix. Les Olympiques d’été se dérouleront du 23 juillet au 8 août et les Paralympiques d’été suivront, du 24 août au 5 septembre.

 

Duncan Crawford, entraîneur-chef de l’équipe nationale de tir à l’arc paralympique, affirme qu’il n’aurait jamais imaginé devoir considérer la logistique nécessaire pour compétitionner durant une pandémie. Étant donné toutes les nouvelles considérations, le succès ne se mesure pas de la même façon, dit-il.

 

« Finie l’époque où l’on se concentrait sur la performance et la préparation. Aujourd’hui, le succès sera mesuré en répondant à des questions comme “Pourrons-nous nous rendre? Pourrons-nous performer? Quels résultats ou objectifs essayons-nous d’atteindre? Pourrons-nous tous revenir sains et saufs? ” Touchons du bois : jusque-là, c’est la situation dans laquelle nous nous retrouvons », indique-t-il.

 

En mars, Crawford s’est rendu à Monterrey, au Mexique, pour les Championnats panaméricains et le Tournoi de qualification continentale pour les Olympiques et Paralympiques. En plus de devoir planifier davantage, il a dû obtenir la permission du gouvernement fédéral pour que l’équipe puisse compétitionner et représenter le Canada.

 

Les préparatifs de voyage pour les qualifications panaméricaines étaient compliqués. Venus de partout au Canada, les athlètes devaient prendre un vol de correspondance à Toronto et passer par Dallas pour finalement atterrir à Monterrey. La responsabilité de Crawford à titre d’entraîneur est passée de la préparation technique à l’obligation d’assurer le déplacement sécuritaire des athlètes.

 

Le choix stratégique d’une ligne aérienne, le transport de la résidence au lieu de compétition et les protocoles de port du masque s’ajoutaient aux préoccupations de l’entraîneur. « La donne a complètement changé. L’anxiété relative à la santé et au mieux-être remplace essentiellement la fébrilité entourant la performance », affirme Crawford.

 

Mis à part les itinéraires, Crawford a aussi collaboré avec des entraîneurs régionaux, locaux et personnels. Parce que les athlètes n’ont pas nécessairement pu s’entraîner ensemble et en personne lors de camps d’entraînement, chacun avait un plan d’entraînement individualisé, un endroit où s’entraîner et accès à des entraîneurs dans sa province. « Nous avons fait appel à des entraîneurs locaux beaucoup plus que nous ne l’aurions fait autrefois », dit-il.

 

Mike Butler, entraîneur-chef national pour Badminton Canada, explique que ses athlètes ont déjà dû s’adapter aux restrictions des voyages internationaux à plusieurs reprises. « D’ici Tokyo, beaucoup de protocoles auront été mis en place pour cela également. Nos athlètes seront prêts et ne seront pas surpris par les restrictions. »

 

Durant la COVID, les athlètes de Butler ont voyagé pour participer à des tournois de classement mondial au Danemark et en Thaïlande, ainsi qu’à un tournoi de qualification olympique en Suisse. De retour au Canada, ils ont trouvé des stratégies uniques, comme utiliser un centre d’entraînement vide, afin de pouvoir continuer à s’entraîner en période d’isolement, explique Butler.

 

Cet entraîneur souhaite finalement éloigner ses athlètes du processus de planification. « Nous essayons de les en écarter autant que possible pour leur permettre de se concentrer sur l’entraînement. Jusque-là, tout va bien », ajoute-t-il.

Puisque la pandémie a eu une incidence énorme sur l’entraînement – et sur les athlètes qui travaillent si fort et pendant si longtemps – accéder aux Olympiques sera une différente expérience cette année. Crawford ajoute qu’être « polyvalent et résilient, et se rappeler que l’objectif demeure inchangé » aidera énormément.